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Nathalie retrouve Dylan

Quotidien "Sud-Ouest", édition du mardi 31 octobre 2000

Après plus d'un an de recherches, Nathalie a retrouvé dimanche soir son fils Dylan, grâce à l'association d'Ambarès "SOS ENLEVEMENTS INTERNATIONAUX D'ENFANTS" et à un coup de pouce de la Providence.

Jeudi dernier, lorsqu'une voix au bout du fil demande à Nathalie si elle est bien la mère du petit Dylan, elle croît à une mauvaise blague et se met en colère.

Elle est bien la mère du petit garçon de 15 mois qui a été enlevé en octobre 1999 par son père et dont elle n'a aucune nouvelle depuis un an. Son interlocuteur mystérieux l'appelle de Casablanca et affirme avoir rencontré son ex-conjoint, accompagné de son fils, venu lui demander asile.

Elle prévient tout de suite Jean-Claude CARRARO, le responsable girondin de l'association SOS Enlèvements Internationaux d'Enfants, qui suit son dossier depuis quelque mois: "je savais qu'il ne lâcherait pas l'affaire et que tout irait plus vite avec lui" affirme Nathalie. Jean-Claude écrit une lettre au consul français au Maroc, lui fait parvenir le jugement du tribunal daté de février 2000 stipulant que l'enfant ne peut quitter le territoire français et que le droit de visite du père est suspendu.

"Il ne m'a pas reconnue"

Forts de la loi qu'ils ont de leur côté, le grand-père de Dylan et le détective de l'association se rendent au Maroc pour négocier le retour de l'enfant. Nathalie fait quelques compromis pour accélérer la procédure: elle suspend les plaintes déposées contre son ex-compagnon qui, à bout de souffle après un an de vie clandestine, accepte de rendre Dylan.

Dimanche soir, soit trois jours après le premier contact, Dylan atterrit à Mérignac. Accroché aux jambes de son grand-père et effrayé par le comité d'accueil, il reste muet.

"Les retrouvailles ont été très dures" raconte Nathalie: "mon fils ne m'a pas reconnue". Hier déjà, il prononçait quelques mots: "un mélange de français et de marocain" selon sa mère. A première vue, Dylan semble en bonne santé mais a manifesté une grande peur de l'eau. Le travail n'est pas encore fini pour Nathalie: "j'envisage d'aller voir un psychologue avec mon fils pour essayer de découvrir le chemin qu'il a parcouru pendant un an". De son côté, le père a jusqu'au vendredi 3 novembre pour se présenter devant le juge afin de faire sa déposition, au-delà de cette date, la police lancera un avis de recherche en France, en Espagne, au Portugal et au Maroc.

Armelle CASSES

Le combat d'une association

L'antenne girondine de l'association "SOS ENLEVEMENTS INTERNATIONAUX D'ENFANTS" est activement dirigée par un couple d'enseignants à la retraite, Marie-Thérèse et Jean-Claude CARRARO. Luttant uniquement contre les enlèvements parentaux, ces deux bénévoles se sont lancés à corps perdu dans cette action après le rapt de leur petite fille Léa, kidnappée au Mexique il y a cinq ans: "sa mère, profitant d'un droit de visite, a refusé de rendre la fillette à son père et a disparu" explique Marie-Thérèse. Face au sentiment d'impuissance et au dédain de la justice, ils ont choisi de rejoindre l'association. Une pièce de leur maison et entièrement vouée à cette tâche: avis de recherches diffusés sur Internet, affiches d'une cinquantaine d'enfants introuvables, annuaires, répertoires juridiques sont leurs armes pour lutter contre les injustices de ce genre.

"Il y a presque 1500 nouveaux enlèvements parentaux par an en France, sans compter les cas permanents qui sont loin d'être résolus", précise Jean-Claude. "Nous essayons d'activer les démarches du parent et nous le conseillons". Disposant d'un réseau de correspondants en France et à l'étranger et de détectives, SOS Enlèvements Internationaux d'Enfants, travaille en relation avec le Centre de recherche, d'information et de conseil en droit de la famille au sein duquel Jean-Claude vient témoigner. Des partenariats avec la jeune Chambre Economique de Bordeaux permettent de financer quelques opérations de prévention en direction des enfants. Conscient du manque de cohésion entre les diverses associations qui fleurissent spontanément après la disparition d'un enfant, Jean-Claude CARRARO travaille actuellement à la création d'une fédération unique qui permettrait de coordonner les recherches et d'obtenir un statut d'utilité publique afin d'avoir accès aux subventions. Les membres ne sont pas avares de leur temps mais avouent manquer de moyens pour mener à bien des actions souvent très coûteuses.