Le retour de claire Baudon
Quotidien "Aqui Salvador", Octobre 2002
Une Polonaise revoit sa fille kidnappée par le père.
Deux mois après, Renata Zimma retrouve Claire, 2 ans et 8 mois, qui était sous la garde de la Justice de l'état de Bahia, Brésil.
Mateus Ribeiro
Les retrouvailles de la mère et de la fille, chargées de beaucoup
d'émotions, ont marquées la fin d'un drame.
Malgré son arrivée à Salvador le vendredi dernier, c'est seulement hier que la polonaise Renata Zimma a pu revoir sa fille, la petite Claire, de 2 ans et 8 mois, qui avait été kidnappée par le père, le français Hervé Baudon, le 11 septembre. Les retrouvailles, chargées de beaucoup d'émotions, ont marquées la fin d'un drame de presque trois mois de désespoir et d'absence de nouvelles concernant la situation de sa fille. Hervé Baudon continue en état d'arrestation au siège de la Police Fédéral, jusqu'à ce que le Suprême Tribunal Fédéral (STF) rende son appréciation sur la demande d'extradition émanant de la Justice française.
Depuis l'emprisonnement de son père le dimanche 17, Claire a été prise en charge par l'Organisation de l'Aide Fraternelle (OAF), sous la responsabilité du Tribunal de l'Enfance et de la Jeunesse. Selon le Juge Salomon Reseda, la justice brésilienne a exécuté la partie qui lui incombe, et a déjà émis une autorisation pour que Renata Zimma puisse revenir en France avec Claire. Le retour est prévu pour le 3 décembre.
"Je suis très émue et je vois que ma fille a été très bien prise en charge par les personnes d'ici, du tribunal et par l'institution où elle est restée. Je remercie la Justice brésilienne, les autorités et la Police Fédérale d'avoir retrouvé ma fille. Il y a beaucoup de pays où cela ne se serait pas arrivé", dit Renata Zimma, en montrant quelques photos de famille à sa fille.
Pendant l'interview collective, qui fut traduite par le consul honoraire de France, Jacques Salat, la mère et la fille ne se sont pas quittées d'une seule minute. Etrangère à la conversation et avec un regard curieux toujours tourné vers les caméras de TV et les appareils photographiques, la petite Claire jouait avec une poupée de tissu, montrant toute son innocence et charmant tout le monde.
Selon Reseda, il ne revient pas à la Justice de l'Enfance et de l'Adoslescence de définir quel type de délit fût commis. "La mère a montré des documents émis par la Justice française prouvant qu'elle avait la garde de l'enfant, et c'est sur la base de ces documents, dont l'authenticité a été prouvée par le consul de France, que j'ai rendu mon avis en faveur de la mère, qui a déjà l'autorisation de la Justice pour le voyage de retour. Maintenant, c'est la Justice française qui va déterminer quel type de délit a été commis par le père, Hervé Baudon", a expliqué le juge.
Suivant Jacques Salat, quand Hervé Baudon a quitté la France avec sa fille, le 11 septembre, il a envoyé une lettre à son ex-femme en l'informant qu'il allait partir en voyage avec Claire. "La lettre est arrivée à Renata le jour suivant et ce fut la dernière information qu'elle a eu. Puis il est passé en Argentine, en Uruguay et au sud du Brésil avant de louer une maison sur l'île de Itaparica, où il fût arrêté par la Police Fédérale. Je ne sais pas ce qui serait arrivé à l'enfant si la mère n'avait pas alerté la Justice française", dit Sarlat, qui cependant n'a pas voulu parler de ce cas comme d'une séquestration. "Je ne sais pas comment définir ce fait, des parents ont le droit de voyager leur fille, mais seule la Justice française va pouvoir décider si cela fût une séquestration, un kidnapping ou bien absoudre le père".
"C'est le premier cas de ce type, qui implique des parents d'autres pays, que nous avons ici au Tribunal. Maintenant, il faudrait rappeler que la législation brésilienne interdit le voyage d'un enfant avec l'un de ses parents sans l'autorisation de l'autre parent, alors que cette mesure n'existe pas dans la Justice française", a déclaré Salomon Reseda à titre de comparaison.
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