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Prison ferme pour une mère rapteuse

 

Sud-Ouest - Jean-Michel Desplos: BORDEAUX. -- Elle avait soustrait l'enfant à son père et s'était réfugiée en Suisse. La mère de famille a été écrouée


L'affaire évoquée devant le tribunal correctionnel de Bordeaux est peu banale. Une mère de famille quadragénaire a, en effet, écopé de 18 mois de prison dont 9 mois assortis du sursis avec mise à l'épreuve pendant 3 ans, accompagnés d'une obligation de soins, interdiction de quitter le territoire et interdiction de voir son fils seule. Ecrouée depuis le mois d'avril dernier à la suite d'un mandat d'arrêt lancé à son encontre, elle a été maintenue en détention à la maison d'arrêt de Gradignan. Parce qu'elle pensait que son fils avait subi des violences sexuelles de la part de son mari dont elle est aujourd'hui divorcée , cette mère a décidé de récupérer l'enfant et de rejoindre la Suisse. Une séparation qui a duré huit ans, jusqu'à ce qu'au printemps 2004, la cour d'appel de Bordeaux confirme un jugement du tribunal de grande instance ayant fixé la résidence du garçon âgé de 11 ans, chez son père.


Interpellée à proximité de la frontière franco-suisse, la mère a été aussitôt conduite à Bordeaux et l'enfant à pu retrouver son père. « Il y a une situation d'amour qui se construit », explique avec émotion, le père devant le tribunal, où son ex-épouse est jugée pour « soustraction frauduleuse de mineur hors du territoire de la République et pendant plus de cinq jours ».
« Il existe un rapport de l'ONU et M.Perben a été informé de ce cas de pédophilie », insiste la mère devant le tribunal, médusé.
Souffrant de paranoïa, selon l'expert psychiatre qui l'a examinée, la prévenue ne varie pas d'un iota dans ses déclarations. « Cela devient indécent », coupe le président Reynal. « Rien ne peut ébranler sa conviction que son enfant a été violé », résume son avocate.
« Elle a décidé de faire obstacle aux relations naturelles qu'un fils doit avoir avec son père », s'emporte le procureur Marc Fritsch, avant de réclamer un an de prison, dont une partie ferme couvrant la détention préventive, assorti d'une mise à l'épreuve.
Le tribunal a finalement été au-delà des réquisitions.